Lisières flottantes et belles lisières en tissage

Les lisières flottantes sont deux fils qui ne passent pas dans les lices du métier a tisser et qui se trouvent aux deux extrémités de la trame, ceux -ci permettent de faire une lisière plus régulière et aussi une meilleure solidité de celle ci, j’ai essayé de faire des lisières flottantes avec le métier RH mais c’est compliqué vu que mes fils passant principalement dans une fente, ceux-ci se baissaient ou montaient de concert quand je montais ou descendait mon peigne. ( il faut les désolidariser des autres fils de chaine pour les lever ou baisser a chaque duite )

Pour commencer, j’ai passé mes deux fils dans le peu ou fente du peigne suivant celui qui se trouve dans la dernière ou première lice vu que je fais la même opération de chaque coté de la chaine montée et prête a être tissée. ( pour le RH ce sera le dernier trou ou fente de chaque coté ) Je fixe mes deux fils sur l’ensouple avant et les laisse pendre avec un poids ou fixés avec un noeud démontable sur l’ensouple arrière, les fils de lisière flottante doivent être tendus comme les autres fils de chaine.

On voit trés bien que les fils de lisière flottante sont désolidarisés de l’ensemble des autres fils

Le tissage va se faire selon le protocole suivant a respecter sur toute la longueur de l’ouvrage, a droite passage de la navette DESSUS les deux fils de lisière flottante et a gauche passage en DESSOUS les deux fils de lisière flottante , au retour de la navette, passage a gauche DESSUS les deux fils de lisière flottante et a droite en  DESSOUS deux fils de lisière flottante

Comment avoir des lisières droites en tissage

Quand on tisse , il arrive que les lisières du tissage se rétractent ou se resserrent sur les cotés du tissage, cela peut faire perdre de précieux centimètres a l’ouvrage une fois terminé. Certains tisserands novices croient que c’est en fonction du point ou armure utilisé, la seule fois que j’ai eu ce souci c’est avec le tissage léno ou je n’avais pas mis de lisières flottantes, j’en parlerai dans un autre article.

Ceux qui croient que la rétractation des lisières sur le métier confondent le défaut de souplesse du fil de trame avec l’embuvage qui est en effet la rétraction du tissu une fois terminé, un ouvrage tissé perd en moyenne de 10 a 30 % de sa longueur / largeur selon le point ou armure utilisé, cette opération se fait une fois l’ouvrage tombé du métier et ne se voit pas durant le tissage et ne donnera jamais des lisière incurvées.

La première des choses a savoir quand on tisse c’est que le fil de trame contrairement au fil de chaine n’est pas tendu, celui- prend la forme du passage dans les fils de chaine selon le point utilisé. Le fil de trame passera dessus, dessous, dessus, dessous les fils de chaine a la manière d’un serpent qui ondule et gardera cette forme pour avoir un tissage harmonieux, je dirais que la souplesse de la trame avec le tassage du peigne va donner la spécificité du tisserand, aucun tisserand ne tisse de la même manière.

Comment éviter trop de tension lorsque qu’on tisse la trame

On commence par regarder si le fil ne coince pas dans la navette bateau, si c’est une navette plate on dévide la quantité de fil pour une duite. On ne glisse pas la navette droite mais en biais, le fil doit faire un angle de 45° environ entre l’entrée et la sortie du passage de la navette dans la foule, et on tasse avec le peigne, foule ouverte ou fermée selon l’effet voulu, personnellement je tasse foule ouvert, cela permet au fil de bien se positionner. Le peigne outre le tassage de la foule a aussi la fonction de maintenir les lisières droites encore faut-il ne pas contrarier son action que ce soit un peigne pour métier a cadres ou un peigne rigide.

Une autre méthode est de maintenir le fil en pinçant la lisière au début de la duite et de laisser la fin du fil de trame lâche pendant qu’on tasse avec le peigne, ce n’est pas la meilleure méthode a mon avis mais ça dépanne. Ceci dit, même si le tissage devient « automatique  » au bout d’un certain nombre de centimètres tisser, il ne faut pas perdre de vu que celui-ci réclame de l’attention et de la concentration, une erreur est vite arrivée. 

Les templets

Les templets sont des barres en bois réglables selon la taille du tissage, ils existent en différentes longueurs allant de 20 cm de long a 160 cm de long. Le plus petit fait 20/25 cm et coute environ 30 euros le plus long va de 100 cm a 165 cm et vaut 60 euros environ, selon la largeur du tissage, on va utiliser la longueur du templet voulue, il faudra pour être équipé en avoir plusieurs, vu le prix et les services rendus, je préfère la méthode du tissage en diagonale.

Il existe aussi des clips pour métier a tisser, là ce sont des attaches fixées a un fil qui vont tendre les lisières du tissage avec des poids, le lot est vendu en kit pour la modique somme de 105 euros.

Pour finir, il y a les systèmes « maison  » faits avec des bretelles ou des crochets, ceux-ci bien qu’économiques ont le défaut de déformer et fragiliser les lisières.

Montage chaine sur arrière du métier

Le montage de la chaine par l’arrière du métier se fait en passant successivement les fils de chaine dans le peigne d’avant en arrière, puis dans les lices en respectant l’ordre des cadres , en sachant que le cadre 1 sera celui qui est le plus près du peigne et le cadre 4 ou 8 ( ou plus selon le nombre de cadres que l’on veut utiliser ) sera lui le plus proche de l’ensouple arrière .

Puis je fixe mes fils de chaine sur la barre porte fil arrière, je lève mes cadres pour fait un point de toile pour un 4 cadres ce sera les cadres 1/3 ou le 8 cadres 1/3/5/7 , je glisse un manche a balai dans l’ouverture coté cadres ( c’est là que l’ouverture est la plus grande ) , je ramène mon manche a balai vers l’ensouple arrière et active mes cadres 2/4 ou 2/4/6/8 , recommence la même opération que pour les cadres impairs . Je fixe mes deux manches a balai ensemble bien serrés , ils serviront de guide fils ou de barres d’encroix

Je fais passer un gros fil de cordage bien tendu de l’arrière du métier a l’avant sur les cotés pour maintenir les barres d’encroix droites ( elles ne doivent pas faire de cuvette )

Montage chaine sur arrière du métier

Lorsque mes fils de chaine sont fixés du le porte fil arrière, je commence mon enroulage sur l’ensouple arrière en conservant les barres d’encroix , après avoir enroulé quelques centimètre, je vérifie la tension des fils de chaine, si la tension est trop lâche, je peux rajouter des manches a balai et les maintenir serrer , j’aurais deux encroix , il faudra faire attention que des noeuds ne se forment pas a l’avant du métier et vérifier régulièrement la tension sur l’arrière du métier

Ce que j’ai trouvé le plus pratique c’est les tapis en bambou, j’en ai qui sont vieux et usés, j’enroule ma chaine sur l’arrière du métier au fur et a mesure cela évite les bourrelets au centre et une chaine plus tendue sur les cotés, on peut aussi utiliser des baguettes en carton ou en plastique a cet effet

La suite se fait de la même manière que le montage vers l’avant, fixation des fils de chaine sur le porte fil avant , je fait deux points de toile et mets des baguettes en carton avant de commencer le filage pour aligner mes fils

Pour l’échantillon, j’ai fait un montage reps et en trame j’utilise des restes de fils de chaine

L’échantillon a été concluant, il a pris place dans les toilettes sur reposoir en fer , pour éviter que le papier toilette ne tombe entre les interstices quand le rouleau arrive a sa fin, j’ai des chats mieux vaut le mettre en hauteur c’est plus prudent

Puis le tissage a proprement dit commence enfin , je vais pouvoir tisser mon tapis de bain qui aura sa place au niveau des lavabos

Le tapis de bain est fini il fait : 42 cm par 1.25 m non lavé, il rétrécira lors du premier lavage et prendra de la densité

Chemin de table dentelle grain d’orge blanc lin et coton lin blanc

Après avoir monté ma chaine de 600 fils sur un peigne de 12 fils au pouce et deux fils par peu, j’ai testé mon motif, je le voulais irrégulier et en deux teintes.

12 fils au pouce x 2 correspondent a 10 fils au cm environ, j’ai 600 fils cela va me donner un chemin de table de 60 cm de large sans l’embuvage ( rétractation )

Réalisé avec un métier 8 cadres

Très vite j’ai constaté que le motif ne se voyait pas , celui-ci était noyé dans les changements de couleurs du fil.

L’idée de départ était de faire des rangs raccourcis en marron avec des reste de fils de l’ensouple arrière d’un autre tissage mais le rendu ne me convient pas, j’ai donc décidé que le tissage sera blanc uni. Les deux fils , le marron et le blanc sont en coton-lin 

Le grain d’orge ou  Huck lace

Une précision par rapport a mon échantillon plus haut qui a été lavé et repassé, si on ne fait pas ses deux opérations au préalable pour un tissage on ne peut pas juger de l’aspect final du motif et ceci est encore plus vrai pour le grain d’orge qui ne se dévoile qu’après avoir lavé l’ouvrage. C’est pour cela que je n’ai pas de photos de l’ouvrage sur le métier comme j’ai l’habitude d’en faire, parce que ne voit rien de probant.

Pour avoir un tissage équilibré mieux vaut avoir le même fil en chaine et en trame .

Le grain d’orge est originaire des pays du nord , la Suède ou la Norvège. Cette méthode de tissage est une variante du point de toile, avec des flottés de chaine ou de trame plus ou moins longs.

Chemin de table dentelle coton-lin et lin blanc

Chemin de table tissé main en huck lace ou grain d'orge blanc , en coton-lin pour la chaine et en lin pour la trame
Il mesure 165 cm x 55 cm environ
Il sera mis en valeur sur une table de fêtes ou mariage tout en restant discret, sur une nappe de couleur sombre ou sur une table en bois 
Lavage a la main, le lavage en machine risque de déformer la dentelle
Séchage a plat ( pas de sèche linge )
Repassage sur l'envers
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