Réalisation d’un coussin en mérinos recyclé

Quand je tisse ou je file, j’ai besoin d’un coussin pour me caler le dos. J’ai commencé par monté ma chaine avec des restes de laine rose du commerce que j’avais teinte avec un fond de teinture a la garance, cela a donné un « vieux rose tirant sur le marron clair « , la trame est en mérinos que j’avais filé main et que j’ai détricoté, le modèle ne me plaisait plus. Les laines filées mains sont plus solides qu’on pourrait le croire

Le montage a été fait sur mon métier a tissé 8 cadres, le montage c’est fait sur quatre cadres, un motif simple et rapide a tisser. Il s’agit d’un grain d’orge, je mettrai l’armure ou patron a la fin de l’article

J’ai tissé sans tenir compte des dimensions et me suis arrêtée quand je n’avais plus de mérinos à recycler. J’ai découpé dans un vieux drap un morceau identique a la pièce tissée, je l’ai assemblé pour en faire une taie d’oreiller en laissant un trou pour faire un rembourrage.

Quand je file, il me reste des fibres trop courtes, ou en mauvais état que je ne peux filer. J’en avais un sac de coté. Elle m’a servi de rembourrage pour mon coussin, ce qui est mieux sur un plan statique qu’un rembourrage synthétique et ne peut être que bénéfique au lombaires, surtout que cette laine n’a subi aucun traitement chimique sauf si l’on estime que pour traitement chimique le lavage au savon et la teinture végétale soient de la chimie.

Le coussin fin a les dimensions de 45 cm x 42 cm, il n’est pas tout a fait carré mais ça se voit pas

Le diagramme ou bref motif grain d’orge

JUNIOR et le coussin

Ce post aurait pu servir de base a une fable ou un conte de fée félin mais il n’en est rien du moins vu l’état des choses pour moi principalement. L’objet du délit a peine terminé a servi de « nid  » a Junior , chat de gouttière recueilli quatre ans auparavant alors qu’il avait été abandonné par la voisine. L’affaire se passe dans le salon sur le canapé, alors que je venais juste de terminer un coussin pure laine locale non traitée en provenance des moutons du pré d’à coté de chez moi, moutons que j’ai vu paître, ceci pour le rembourrage et pour la housse du mérinos filé main qui avait servi a faire un châle que j’ai démonté et recyclé. Le délit c’était déjà produit quelques jours auparavant , j’avais délogé le félin squatteur et mis le coussin a la verticale pour qu’il ne s’y blottisse plus ! Ce matin, en rentrant dans le salon , j’y trouve Junior endormi sur MON coussin qui est sensé me servir de  » cale-dos  » pour protéger mes lombaires quand je file ou tisse.

Rien a faire , le chat dort, même le flash de l’appareil photo ne le réveille pas, il me reste plus qu’à attendre qu’il se réveille pour remettre le coussin a la verticale et a nouveau le dissuader de retourner dessus pour s’y lover

Mon souci n’à rien avoir avec la vision d’un « nid  » confortable pour félin mais le fait que si je lui laisse ; en trés peu de temps mon coussin sera transformé en serpillère, sera plein de poils et sera salit avec les papattes de chats qui viennent de l’extérieur, sans compter les fils tirés par les griffes et le fait qu’une fois dégueulassé, bien souvent les chats désertent les lieux qu’ils ont trop occupés pour aller vers un autre endroit neuf

https://verolaine.blogspot.com/2021/09/junior-le-fils-de-queue-cassee.html

PRALINE ET LE COUSSIN

L’affaire ne s’arrête pas là, avec le temps j’ai réussi en mettant MON coussin a la verticale à dissuader Junior de s’y blottir mais Praline bien plus maline elle en tirant sur les fils avec ses griffes ( quand elle a de la chance, faut pas exagérer tout de même ) arrive a mettre le coussin a plat. Inutile de dire l’état de ce pauvre ouvrage au bout de deux ans de services, il est tout râpé , les fils par endroits sont tirés et pour finir avec leur papattes toutes crades, j’ai les couleurs qui sont passées au marron . Il me reste la solution de le démonter et le laver ou bien d’en faire cadeau aux chats ( qui en voudront plus par ce que c’est mieux ce qui est aux maitres ! ) et en refaire un. Ceci dit , il ne m’a rien couté tout est en recyclé !

https://verolaine.blogspot.com/2021/09/praline-chatte-noire-et-blanche.html

La mérinos

Il y aurait beaucoup a dire sur la laine du mouton Mérinos , laine considérée comme la plus douce, la plus connue et aussi la plus vendue dans le monde en entier. La production mondiale de laine mérinos est en provenance de Nouvelle-Zélande et d’Australie

Le mérinos est une race de mouton originaire d’Espagne élevée principalement pour sa laine. Dès 1801, Napoléon Bonaparte, Premier Consul lança un vaste projet d’élevage, visant à la production en quantité, à la fois bouchère et lainière, pour s’affranchir du quasi-monopole anglais du coton, deux siècles plus tard nous en sommes au même stade mais pas dépendant du Royaume -Uni mais de la Nouvelle-Zélande pour la viande de mouton et la laine mérinos

Les mérinos sont des moutons uniques , qui ont été élevés pendant des décennies par des gens uniquement pour leur laine fine . Une telle laine est très élastique en raison de la boucle naturelle, par conséquent, un produit mérinos peut être étiré de trente pour cent, mais il reviendra toujours à sa forme d’origine. Cette propriété de la laine mérinos rend les pulls et les vestes en laine mérinos très résistants.
La laine mérinos est considérée comme la laine la plus douce et la plus fine au monde. C’est pourquoi la laine mérinos est particulièrement préférable à toute autre matière pour la fabrication de divers produits pour enfants . Il est non seulement très doux, mais aussi hypoallergénique, régule indépendamment le processus d’échange de chaleur, grâce auquel l’enfant , qui ne peut pas encore se plaindre de froid ou de surchauffe, se sent à l’aise.
Fait intéressant, jusqu’au XVIIIe siècle, seuls les membres de la famille royale étaient autorisés à porter des produits en laine mérinos. Il était interdit d’exporter de la laine mérinos hors d’Espagne sous peine de mort. 

« Laisse pisser le mérinos » est une locution populaire française qui signifie qu’on laisse aller une situation vers la détérioration sans réagir, « laisse faire »

Mulesing

Trois-quarts des fermiers australiens pratiquent, de façon routinière, le mulesing .
Le Mulesing est une mesure préventive qui vise à éviter l’apparition de la myiase (présence sous-cutanées de larves de mouches) chez ces moutons dont la fourrure très dense et les plis humides de la peau constituent des zones idéales pour la ponte des parasites. La myiase met en danger la santé du mouton et nuit donc à la qualité de sa laine et à son rendement.
La majorité de la laine mérinos produite dans le monde provient d’Océanie, seule région où le Mulesing est historiquement pratiqué. L’Australie produit à elle seule 75% de la laine utilisée par l’industrie de la mode. La pratique du Mulesing se limite donc aujourd’hui à la seule Australie mais aucune régulation n’oblige les producteur·ices de laine à préciser l’existence, ou non, de cette pratique au sein de leurs élevages.

Le mulesing consiste dans l’ablation d’une partie de la peau périanale des agneaux à l’aide de ciseaux métalliques – généralement sans anesthésie ni analgésique. Cette mutilation brutale, exclusivement pratiquée en Australie – le plus grand producteur de laine au monde – est destinée à empêcher l’apparition de la myiase dans les plis de la peau du mouton. Des blessures douloureuses restent après l’intervention, qui prennent des semaines à guérir. Les mouches peuvent encore infester d’autres parties du corps

Mais il n’y a pas que cela concernant le mérinos d’Océanie qui froisse c’est le traitement des moutons de réforme qui sont envoyés par cargos ( cales ) entiers vers les émirats ou la pratique du rituelle du hallal est courante, non seulement ces pauvres bêtes se font martyriser peu de temps après la naissance, on exploite leur laine puis pour finir elles finissent dans des cales de cargos direction ce qui sera leur fin prochaine , un égorgement rituel si elles ne meurent pas de faim, de soif et d’écrasement pendant le voyage !

Pourquoi avoir créé un monopole dans une région ou le mouton ( quelque soit la race ) n’existait pas pour arriver a une maltraitance pareille a cause de la mouche qui cause la myiase et ceci dans aucune autre région au monde et surtout pas en Espagne patrie ancestrale du Mérinos ? Serait-ce les vastes prairies d’Australie et Nouvelle -Zélande qui favoriserait cet élevage ou tout simplement le profit a grande échelle ? Le sujet est le mérinos, pas les autres races d’animaux domestiques ou la maltraitance existe aussi même en France et cela ne justifie en rien ce les pratiques des éleveurs australiens si les moutons sont en danger dans leur « continent « qu’ils élèvent des kangourous, ha oui mais ça rapporte pas autant !!

Il existe une alternative a la laine mérinos d’Océanie sans que les moutons ne soient « maltraités « 

La mérinos d’Arles

La mérinos d’Espagne ( elle existe toujours )

La mérinos polonaise

La macomérinos

Les laines hybrides mélange de race mérinos avec une autre race de mouton, ces laines n’ont pas la finesse de la mérinos d’Australie dans la mesure ou la sélection génétique n’a pas été faite mais actuellement la mérinos d’Australie titre 21/23 micron pour être abordable financièrement ce qui se rapproche des laines que j’ai citées plus haut, la mérinos que j’ai dans mon stock titre 19 microns, mais depuis le marché chinois s’est envolé et toute la belle mérinos part vers la Chine

Comme chez le chien ou le porc, qui sont des races ayant également subi de récentes et fortes pressions de sélection impliquant parfois la consanguinité de reproducteurs, le bélier mérinos est touché par des malformations congénitales susceptible d’affecter sa santé et sa fertilité (4 % des jeunes béliers mérinos sont touchés par des problèmes de non-descente de testicules (« cryptorchidie ») source WIKIPEDIA

La qualité de la laine est appréciée selon la finesse, plus elle est fine plus elle sera précieuse, la longueur des fibres varie de 6 cm a 10 cm environs.

La laine est catégorisée en :

épaisse (23–24.5 microns),

médium (19.6–22.9 microns),

fine (18.6–19.5 microns),

superfine (15–18.5 microns)

ultrafine (11.5–15 microns). aussi fine que le lapin angora ou elle fait concurrence

Cette finesse fait que les tenues en laine mérinos sont ultra légères, sèchent très vite, isolent mieux, ne grattent pas et sont infroissable, que les industriels utilisent moins de laine pour un pull, pour ma part la mérinos industrielle n’a pas les mêmes qualités que les autres laines plus « rustiques  » a savoir tenir chaud

Lorsque j’ai acheté mon métier a tisser, j’ai pris 500g de mérinos du commerce a feutrer ou filer, c’était un paquet de d’une dizaine de rubans faisant en moyenne 50 grammes pièce, j’en avais aussi profité pour m’équiper d’un fuseau turc afin de m’initier au filage afin de savoir si cela me plairait comme activité. Le but était de me créer mes propres vêtements de qualité selon mon budget qui n’est pas immense. Il faut dire que les habits en confection ne sont pas a ma taille, les pulls avec les manches trop courtes et les pantalons aux jambes trop courtes aussi, si je veux acheter quelque chose ou je suis vraiment a l’aise, je vais au rayon homme, pas évident pour une femme. En résumé, si je prends du temps pour réaliser mes habits ou en partie, il faut que ce soit avec de la belle matière, depuis j’ai découvert un univers dont je n’ai pas encore fait le tour, celui de la fibre et des teintures végétales. A cette époque là comme beaucoup le croient encore, je pensais avoir de la qualité avec la mérinos que j’avais acheté ce n’est que récemment que je ne suis intéressée au sort des moutons d’Autralie

Les couleurs étaient belles et la fibre très douce, comparativement au mouton eider avec lequel j’avais appris a filer Cela me changeait des laines du commerce mélangées a de l’acrylique. Six ans plus tard, je ne peux plus acheté de laine en pelotes du commerce, je les trouvent « mortes » et uniformes , alors qu’il y a 40 ans je voulais m’acheter un magasin de laines

Ce sont mes tout premiers fils, ils manquent de régularité mais j’ai tout de même tenté d’en faire un ouvrage, par contre j’ai aucune notion du métrage des pelotes

J’ai démonté le tricot, la laine se tient même en célibataire, elle est suffisamment solide pour être détricotée et j’en ai fait un test au crochet, le test est concluant mais ce n’est toujours pas l’ouvrage que je veux faire avec

C’est un fil de récupération un brin constitué de fils mérinos 100 % que j’ai détricotés et d’un fil mérinos blanc qui n’a pas encore été utilisé, c’est du recyclage qui servira un jour dans un tissage

Le fil n’est pas régulier, mais il a l’avantage d’avoir été rapidement filé, je ne connais pas le métrage ni le poids , quand je l’ai filé, vu l’usage prévu je n’ai pas eu le reflexe de mesurer et peser

Comment transformer une écharpe en sac

La chaine est 100% coton, montée sur un seul peigne , celui de 4 fils au cm

Les points fantaisie sont faits aussi en coton mais plus épais que le fil de chaine

Un fil de liaison sépare les fils fantaisies, le fil de liaison sert a donner de la solidité a l’ouvrage

Les motifs sont obtenus avec une baguette a sauter ou pick up stick en prenant et laissant ( dessus, dessous ) les fils de chaine sélectionnés.

La dimension des motifs est aléatoire, j’ai arrêté de faire quand j’en étais lassée.

Calculer le nombre de fils de chaine pour avoir 17/20 cm de largeur finie et 2m de longueur sans les franges

Pour une écharpe de 20cm de large sur 2m de long, plier l’écharpe en deux nous avons deux parties de 1 mètres de long sur 20 cm de large, nouer la pliure avec une cordelette ( ou autre !)

Plier les deux extrémités sur 26 cm de hauteur chacune séparément ( la bande de tissu a été lavée et repassée préalablement ) . Les 26 cm de bande reposent envers contre envers du tissu, et les deux parties sont a l’opposé l’une de l’autre pour avoir les deux morceaux a l’endroit.

Coudre les cotés extérieurs sur l’envers du sac . les deux pliures se font face, la partie pliée qui sépare les deux parties du sac sera le fond du sac.

La seule difficulté est de coudre a l’envers , pour éviter de se tromper , épingler les bords préalablement, mais de toute manière une écharpe n’a pour principe ni endroit, ni envers.

Réunir les bords non cousus ( ceux des cotés opposés ) afin de former le sac.

J’ai rajouté un fil pour froncer la partie du sac au niveau des franges et fait un tour au point d’écrevisse au niveau de la lanière.

La profondeur de mon sac est un peu limite, j’avais peur de ne pas avoir assez de tissu pour faire la lanière , je voulais le porter sur mon épaule, mais rien n’empêche de changer de méthode, on peut aussi le doubler et utiliser d’autres matières comme la laine ou un tissu du commerce. Celui-ci m’a permis de tester des points avec mon métier a peigne envergeur

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